Cancer du sein

Depuis 1957, 27 études effectuées aux quatre coins du monde, dont 11 « statistiquement significatives » (particulièrement probantes de par leur poids et leur ampleur), ont montré que l’interruption volontaire de grossesse comporte un accroissement moyen du risque de cancer du sein de 30 % 1 . Deux phénomènes scientifiques viennent expliquer cet accroissement de risque.

Le simple fait, tout d’abord, de retarder la première grossesse à terme, effet fréquent de l’interruption volontaire de grossesse, est universellement reconnu comme un facteur de risque important de cancer du sein. Car inversement, la grossesse à terme est universellement reconnue comme la meilleure protection qui soit contre le cancer de sein 2 .

Deuxièmement, l’interruption volontaire de grossesse provoquée stoppe le processus, enclenché au moment de la conception de l’enfant et qui ne s’achève naturellement qu’avec la grossesse à terme, de transformation en glandes de lactation des cellules du sein, lesquelles sont essentiellement, avant la première grossesse à terme, des cellules de graisse 3 . Ce traumatisme « bloque » les cellules du sein au stade de « mutation » (changement) et de « prolifération » (multiplication), ce qui les rend semblable à des cellules cancéreuses, lesquelles sont justement des cellules « en mutation » et « en prolifération ». Limpide est la constatation selon laquelle les cellules ainsi programmées sont donc beaucoup plus vulnérables aux diverses causes de cancer (p. ex. caoutchouc en latex 4 , MTS non traitées 5 , fumée secondaire 6 , pollution, stress, etc.).

Au Canada, l’incidence du cancer du sein a augmenté de quarante pour cent depuis 1969, même après pondération du taux en fonction de l’âge. Cette augmentation est la deuxième la plus marquée au monde 7 . Pourtant, quarante pour cent de cette augmentation ne s’explique par aucun facteur de risque officiellement reconnu 8 . Or, l’année du début de cette augmentation au Canada suit immédiatement celle où l’interruption volontaire de grossesse y a été adoptée comme pratique publique généralisée. À la lumière des études montrant le lien entre l’avortement et le cancer du sein, serait-ce sage de continuer à présumer qu’il s’agit là d’un fruit du pur hasard ? Le consentement éclairé le plus élémentaire n’exigerait-t-il pas une mise en garde à cet égard ?

Les études montrent que les femmes qui ont subi une ou plusieurs interruptions de grossesse connaissent des cancers plus agressifs 9 et qu’elles ont un taux de rechute plus élevé 10 et un taux de survie inférieur 11 aux autres femmes. De fait, les provinces canadiennes où il y a le plus d’interruption volontaire de grossesse sont aussi celles où les taux d’incidence du cancer du sein sont les plus élevés. Le taux d’incidence du cancer du sein le plus faible du pays appartient à l’Île du Prince Édouard, où l’interruption volontaire de grossesse n’existe pas 12 . Et c’est effectivement dans les pays où l’interruption volontaire de grossesse n’est pas acceptée, comme le Mexique et l’Égypte, qui sont pourtant les pays les plus pollués du monde, qu’on relève les taux les plus bas de mortalité résultant du cancer du sein 13 .

Au moins onze états américains envisagent d’adopter des mesures législatives pour que les femmes soient informées de l’augmentation du risque de cancer du sein que comporte l’interruption volontaire de grossesse. Trois états ont déjà adopté des lois sur « le droit de savoir » 14 .

Certains instituts de cancer ne reconnaissent pas de lien de causalité entre l’avortement et le cancer du sein. Nullement ne nient-ils, cependant, qu’un lien (« corrélation ») important (statistiquement significatif), ait été observé entre les deux phénomènes.

Autres séquelles observées de l’interruption volontaire de grossesse

Stérilité (2-5 % des cas) 15, 16, 17

Cancer du col utérin, de l’ovaire et du foie (risque accru jusqu’à 4 fois) 18, 19, 20, 21, 22, 23, 24

Atteinte inflammatoire pelvienne (AIP) (4 % des cas) 25, 26, 27, 28, 29

Suicide (risque accru de 2-7 fois) 30, 31

Grossesses ultérieures

Avortement spontané (risque accru de 2-3 fois) 32

Grossesse ectopique (risque accru jusqu’à 8 fois) 33, 34, 35, 36

Incompétence cervicale et prématurité/mortinaissance (risque accru de 2-3 fois) 37, 38, 39, 40, 41

Césarienne, enfant handicapé ou malade (risque accru de 7 à 15 fois) 42

Le syndrome post-avortement (« SPA »)

Les symptômes qui sont présents après l’avortement sont identifiés dans la littérature médicale comme le « syndrome post-avortement ». La American Psychiatric Association a identifié l’avortement comme un « facteur de stress psychosocial » qui peut déclencher des troubles de stress post-traumatique.

« 55 % des femmes qui ont avorté souffrent de cauchemars ayant pour thème leur avortement ; 58 % ont des pensées suicidaires qu’elles relient à leur avortement ; 79 % se sentent coupables ; 63 % sont inquiètes pour leurs futures grossesses. » (Burke, T., psychothérapeute, Frobidden Grief : The Unspoken Pain of Abortion, 2006 ; Fergusson, D.M., et al, « Abortion in young women and subsequent mental health », Journal of Child Psychology and Psychiatry, 47 (1) :16-24, 2006 ; Throckmorton, W., « Abortion and Mental Health », Washington Times, 21 janvier 2005 ; David., H., “Retrospectives From the APA Task Force to Division 34”, Population and Environmental Psychology Bulletin, 1999, 25(3):2-3 ; Barnard, C.A., The Long-Term Psycho-social effects of Abortion, Portsmouth, N.H., Institute for Pregnancy Loss, 1990 ; Anderson, RL, et al, “Methodological considerations in empirical research on abortion”, dans Post-Abortion Syndrome: Its Wide Ramifications, ed. P. Doherty, Portland:Four Courts Press, 1995, p. 103-115 ; Strahan, T.W., ed., Detrimental Effects of Abortion, 2001, Acorn Books, Springfield, Illinois ; Ring-Cassidy, E., et I. Gentiles, Women’s Health After Abortion, DeVeber Institute, 2002, Toronto ; Gray, K. et A. Lassance, Grieving Reproductive Loss, Baywood Publishing Co., Amityville, N.Y., 2003.

Dans un article intitulé « Le contexte familial de l’avortement volontaire » (Restoring the Right to Life, éd. J. Bopp, Provo, Utah, 1984), le professeur Vincent Rue, qui fait autorité en la matière, énumère les caractéristiques suivantes du syndrome post-avortement : culpabilité, colère, peur, dépression, deuil, angoisse, tristesse, honte, sentiment d’impuissance, désespoir, chagrin, estime de soi réduite, méfiance, hostilité envers soi et les autres, regrets, insomnie, rêves récurrents, cauchemars, réactions anniversaires, comportement suicidaire, alcoolisme ou toxicomanie, dysfonction sexuelle, insécurité, torpeur, souvenirs réalistes rappelant péniblement l’avortement, difficultés relationnelles, troubles de communication, isolement, fantasmes fœtaux, autocondamnation, flash-back, pleurs irrépressibles, troubles de l’alimentation, préoccupations, pensée faussée, amertume et sentiment de perte et de vide associé à un ou à plusieurs avortements.

De plus, d’après le D r Rue, les sentiments les plus couramment ressentis par les femmes qui ont subi des avortements semblent être le deuil non résolu, le déni, la colère et la culpabilité. Celles qui risquent le plus de souffrir du syndrome sont les adolescentes, les femmes qui ont des avortements au deuxième trimestre, les femmes qui ont une faible estime de soi et celles qui ont déjà éprouvé des problèmes psychologiques.

Dans son livre intitulé The Psycho-Social Aspects of Stress Following Abortion (Sheed and Ward, Kansas City, 1987), Anne Speckhard énumère les dix réactions les plus fréquemment signalées à l’avortement :

réaction de deuil (100 p. 100)
dépression (92 p. 100)
colère (92 p. 100)
 culpabilité (92 p. 100)
crainte que d’autres apprennent la grossesse et l’avortement (89 p. 100)
surprise devant l’intensité de la réaction affective à l’avortement (85 p. 100)
perte d’estime de soi (81 p. 100)
sentiment d’être victime (81 p. 100)
diminution ou disparition de la capacité d’éprouver de la douleur (73 p. 100)
malaise en présence de nourrissons et de petits enfants (73 p. 100).

Ce que les femmes ressentent profondément à propos de l’avortement diffère de ce qu’elles disent ressentir. Une psychothérapie en profondeur a révélé que, même pour celles qui estimaient que l’avortement était leur seul choix, les femmes peuvent ressentir une vive douleur et un profond rejet de l’expérience de l’avortement.

Dans leur article intitulé « Les effets psychologiques de l’avortement volontaire », publié dans Abortion's Aftermath (Human Life Research Institute, Toronto, 1987), les chercheuses Mary Parthun et Anne Kiss concluent : « L’examen d’un échantillon diversifié de la littérature psychologique et médicale indique que les séquelles psychologiques négatives consécutives à l’avortement sont un phénomène digne d’étude. Une détresse temporaire et de courte durée est couramment signalée et des effets plus graves et plus durables se produisent… Nous pouvons nous attendre à ce qu’un nombre croissant de femmes demandent de l’aide pour surmonter le deuil et la détresse post-avortement. Il est réconfortant de constater que les travailleurs de la santé de diverses professions réagissent aux besoins de ces femmes. Toutefois, il peut y en avoir bien d’autres dont les besoins passent inaperçus et qui ne reçoivent donc aucune aide. Malheureusement, les femmes en détresse après l’avortement s’adressent rarement aux professionnels qui pratiquent des avortements. Par conséquent, tous ceux qui s’occupent de près ou de loin d’avortement doivent absolument être conscients du problème sérieux que représentent les séquelles psychologiques post-avortement. »

Des groupes d’entraide pour les femmes qui souffrent du syndrome post-avortement s’organisent un peu partout au Canada. D’autres groupes, incluant des infirmières pro-vie, des professionnels du counselling et des organisations pro-vie offrent aussi du counselling après l’avortement. Peut-être à cause de cette aide, le nombre de femmes disposées à parler publiquement des effets négatifs de l’avortement augmente considérablement.

« Il y a eu presque une conspiration du silence au sujet des risques de l’avortement. Malheureusement, à cause des réactions émotives à l’avortement légal, une preuve bien documentée provenant des pays qui ont une vaste expérience dans ce domaine ne reçoit que peu d’attention, le cas échéant, de la part de la presse médicale ou profane. C’est médicalement indéfendable quand des patientes en souffrent en conséquence… Il est révélateur que certaines des complications les plus graves ont été signalées chez les patientes des praticiens les plus anciens et les plus expérimentés… » ( Stallworthy, J.A., et al., « Legal Abortion: A Critical Assessment of Risk », The Lancet, le 4 décembre 1971.)

« Des 252 femmes qui ont répondu au sondage, environ la moitié ont dit souffrir d’au moins un type de complication physique après leur avortement. En outre, au moins 18 p. 100 d’entre elles ont signalé avoir subi des dommages physiques permanents attribuables à cette intervention…Des 47 p. 100 qui ont signalé avoir souffert d’une complication, 40 p. 100 ont dit que c’était un problème très mineur, 26 p. 100 ont répondu que le problème était d’une sévérité moyenne et 35 p. 100 ont affirmé qu’il était très grave…L’une des complications à court terme les plus fréquemment signalées était l’hémorragie consécutive à l’intervention, évoquée par 15 p. 100 de toutes les femmes ayant fait l’objet du sondage. L’infection était la deuxième complication, signalée par 9 p. 100 des femmes interrogées…Des femmes ayant subi un avortement qui ont été interrogées, environ 6 p. 100 ont été forcées de subir une hystérectomie totale pour enlever un utérus qui avait été endommagé ou infecté par l’intervention d’avortement. Un autre groupe de 8 p. 100 de femmes ont dit que l’infection consécutive à l’avortement les avait laissées stériles par blocage des trompes ou autrement. Une autre tranche de 4 p. 100 avaient contracté le cancer du col de l’utérus qu’elles attribuaient à l’avortement.

…En plus de souffrir de stérilité causée par les problèmes susmentionnés, beaucoup de femmes qui ont avorté souffrent d’une capacité réduite de mener à terme une grossesse désirée. Des femmes interrogées, environ 20 p. 100 ont souffert par la suite d’une fausse couche mettant fin à une grossesse désirée. De plus, pas moins de 8 p. 100 ont été diagnostiquées comme souffrant d’incompétence cervicale après leur avortement. D’autres troubles d’accouchement et dommages au système reproducteur ont été fréquemment signalés. » Reardon, David C., Aborted Women: Silent No More, p. 22-25, Loyola University Press, Chicago, 1987.

« Plus jeune est la patiente, plus avancée est la gestation et plus élevé est le taux de complications… Certaines des complications les plus catastrophiques surviennent chez les adolescentes. » ( Bulfin, J., M.D., OB.-GYN Observer, oct.-nov. 1975).

« …aucune rationalisation, intellectualisation ou considération d’ordre humanitaire, aussi poussée soit-elle, ne peut atténuer le sentiment accablant de culpabilité qui est présent au niveau inconscient à la suite d’un avortement. En outre, les sentiments qui sont présents au niveau conscient et qui sont signalés par les patientes après un avortement sont révélateurs de déni, de déplacement ou de rationalisation, et nous trouvons plutôt étrange qu’un si grand nombre de professionnels se laissent tromper par ces mécanismes de défense couramment utilisés. » ( Maddox et Sexton, « The Rising Cost of Abortion », Medical Hypoanalysis, page 67, printemps 1980 ).

« Il n’y a aucun doute que le fait de mettre fin à une grossesse peut précipiter une grave réaction psycho-névrotique ou même psychotique chez une personne prédisposée. » (Organisation mondiale de la santé, Série de rapports techniques, « Groupe scientifique sur l’avortement spontané et provoqué », Genève, 1970).

Avortement « médical », ou « chimique » ou « non chirurgical »

L’avortement « médical » se pratique illégalement au Canada au moyen des produits chimiques Methothrexate et Misoprostol. Par la provocation de violentes crampes utérines jumelées à la calcination de l’enfant au moyen de brûlures au quatrième degré, celui-ci meurt au bout d’une période pouvant souvent aller jusqu’à 44 jours et est éventuellement expulsé de l’utérus à un moment et à un endroit quelconque (p. ex. rue, toilette, etc.). La gynécologue Ellen Wiebe, de Vancouver, qui admet publiquement depuis plusieurs années sa pratique de l’avortement dit « chimique », réclame la légalisation de l’avortement chimique par « RU 486 » (produit chimique nommé « mifepristone »), dont les effets néfastes et le mécanisme d’action, dit-elle, sont identiques à ceux du régime pratiqués actuellement (par un réseau « clandestin » au Canada), mais dont la période de souffrance intense pour mère et enfant à naître sont réduites à… plus ou moins une semaine. La Dr Wiebe énumère les risques de santé liés auxdites techniques comme suit : hémorragie intense ; crampes ‘horribles’, ‘seulement’ une ‘poignée’ de décès. 43 .

Humanité de l’enfant à naître

La grande majorité des avortements se pratique entre la huitième et la douzième semaine de gestation 44. Or, dès la septième semaine de gestation, on peut voir, au moyen de vidéos d’ultrasons (« échographies ») commercialisées, l’enfant à naître, dans le sein de sa mère, sucer son pouce, pleurer, bailler, se gratter, s’étirer, faire des sauts, etc. 45. Assimiler cet enfant à un simple « amas de chair », à un « petit têtard » ou à un « petit poulet », serait scientifiquement inexact. Non plus une question de théologie ou de philosophie : ce sont les progrès de la science de la génétique, jumelés aux notions élémentaires de biologie et d’embryologie, ainsi que les progrès technologiques, qui ont maintenant permis d’établir que l’enfant-à-naître, dès la conception, est bel et bien un bébé, un individu entier et complètement distinct de sa mère, un petit garçon ou une petite fille 46, 47, 48, 49, 50, 51, 52, 53, 54, 55, 56, 57, 58, 59, 60, 61, 62, 63, 64 .

Douleur chez l’enfant à naître

Les études ont bien établi la capacité de l’enfant à naître de ressentir la douleur ; c’est pourquoi, en 1987, la American Academy of Pediatrics a affirmé qu’il n’était désormais plus éthique d’exécuter des chirurgies sur des enfants nés prématurément sans anesthésie. Cette affirmation est venue à la suite des résultats probants de la recherche publiée par le Dr Anand, ci-dessous 65 .

Le Dr Anand, professeur à l’école de médecine de Harvard a montré que la douleur génère chez les nourrissons suscitait des réponses physiologiques identiques à celles que l’on retrouve chez les adultes : hausse de la tension artérielle ; pouls accéléré ; sommeil dérangé ; habitudes alimentaires déréglées ; baisse de l’efficacité du système immunitaire. Il déplorait toutefois que la communauté médicale continue à évaluer la douleur chez l’enfant à naître à partir de réactions motrices (mouvements, ou « réactions aversives non réflexives » comme le fait de pleurer, de grimacer et d’éviter, ce, tout en même temps), lesquelles ne sont possibles que lorsque les capacités physiologiques nécessaires pour les mouvements sont bien formées et/ou intactes et fonctionnelles. Il déplorait que les données récentes concernant les mécanismes de perception de la douleur soit « l’activité nociceptive », chez l’enfant-à-naître, soient ignorés.

Dans son article, le Dr Anand remet en cause l’une des exigences anatomiques pour la perception de la douleur longtemps citée comme raison de croire que l’enfant-à-naître ne ressent pas la douleur, soit l’absence de « myelination » ou la myelination incomplète. La « myelination » est l’enveloppement des canaux nerveux d’une couche protectrice permettant la transmission des impulsions nerveuses électriques. Il indique que les recherches récentes ont permis d’établir que la non-myelination ou la myelination partielle ne sont pas synonymes de non-transmission des impulsions nerveuses mais plutôt d’un ralentissement de la vélocité conductrice de ladite transmission. Même chez les adultes, on a trouvé que la douleur se propageait dans des canaux non-myelisés ou comportant une myelination très mince. De plus, on a trouvé que le ralentissement des signaux par la myelination incomplète ou absente chez l’enfant à naître est amplement contrebalancée par la distance plus courte entre les neurones et entre les muscles que l’on retrouve chez celui-ci. »

La recherche du Dr Anand était probante : comparativement aux nourrissons qui n’avaient reçu que des médicaments paralysants (et donc aucun médicament antidouleur), les enfants naissants qu’on avait anesthésiés avec le médicament antidouleur « fentanyl », narcotique cent fois plus puissant que la morphine et dont la sûreté chez les adultes subissant un pontage cardiaque a été établie, les enfants anesthésiés ont connu une issue nettement supérieure en fait de complications ou de durée de convalescence. Enfin, quelqu’un avait prouvé que les jeunes enfants ressentaient la douleur et que celle-ci avait des conséquences nocives sur leur santé, fait qui jusqu’à ce jour avait été contesté par l’ensemble de la communauté médicale, qui refusait toujours d’anesthésier les jeunes enfants lors de chirurgies ou autres interventions médicales douloureuses, en raison du fait que la perception de la douleur chez les jeunes enfants était supposée comme incertaine ou non importante en raison du fait « qu’ils ne s’en souviendraient pas ». On avait aussi des hésitations quant au dosage approprié pour ne pas nuire à l’enfant 66, 67 .

Cortex cérébral

La maturité fonctionnelle du cortex cérébral a longtemps été suggérée comme critère de capacité d’éprouver la douleur chez l’enfant à naître. Pourtant, en 1984, le Dr Vincent J. Collins, anesthésiste réputé et Fellow de la American Board of Anesthesiologists, auteur de Principles of Anesthesiology, manuel généralement utilisé pour l’enseignement de l’anesthésie, a publié, ce qui suit : « La présence d’un cortex fonctionnel n’est nullement nécessaire pour la sensation de la douleur. Même l’ablation (suppression) totale du cortex n’élimine pas la sensation de la douleur, et aucune partie du cortex, lorsque stimulée artificiellement, ne résulte en la sensation de douleur. Il s’ensuit donc que ni la présence du cortex ni la transmission des impulsions de douleur à celui-ci ne sont essentielles à la sensation de la douleur. Lorsque le cortex (lequel se développe et fonctionne plus tard dans la gestation que le thalamus) participe à la réaction de douleur, celui-ci génère un comportement aversif élaboré qui vient ajouter des composantes psychologiques et cognitives à la sensation de douleur. »

« Les structures requises pour la sensation de la douleur sont donc les « nocicepteurs » [cellules détectrices sensorielles], un canal neuronal continu de nerfs sensoriels qui transmettent les impulsions de douleur à partir des nocicepteurs à travers le système nerveux périphérique et l’épine dorsale jusqu’au thalamus, puis le thalamus. Le thalamus est situé au dessus de l’épine dorsale et du tronc cérébral mais sous le cortex cérébral. Les structures neuronales nécessaires à la sensation de la douleur sont en place dès la huitième semaine de gestation… Dès la fin de la cinquième semaine, une tape sur la bouche de l’embryon fera rentrer sa lèvre à l’embryon. » 68

Le 13 février 1984, dans leur lettre ouverte au président Ronald Reagan, 26 experts de la médecine de maternité et de médecine fœtale, de l’obstétrique et de la gynécologie, de la pédiatrie et de l’anesthésiologie de diverses universités des États-Unis ont affirmé ce qui suit : « Les percées modernes en fait de connaissances et de technologie – ultrasons ; foetoscopie ; étude des électrocardiogrammes et des encéphalogrammes fœtaux – montrent sans l’ombre d’un doute que le fœtus peut ressentir la douleur. Le cortex est développé entre la quatrième et la cinquième semaine ; les ondes cérébrales sont détectables entre la sixième et la septième semaine ; les nerfs reliant l’épine dorsale aux structures périphériques sont développés entre les sixième et huitième semaine » 69.

Dans la lettre, le Dr Richard T.F. Schmidt, ancien président du American College of Obstetricians and Gynecologists, affirme : « Il peut être clairement démontré que les fœtus cherchent à éviter certains stimuli exactement de la même manière que ne le feraient un jeune enfant ou un adulte. »

En 1994, le Dr Vivette Glover, chercheure des hôpitaux Queen Charlotte’s et Chelsea, à Londres, a publié que depuis les travaux du Dr Anand, l’anesthésie des bébés naissants était devenue pratique généralisée. Dr Glover déplorait toutefois que la pratique ne se soit pas étendue à l’enfant-à-naître : « Nous avons observé que le fœtus réagit à l’introduction d’une aiguille intra-hépathique [transfusion sanguine] avec des mouvements corporels et des mouvements respiratoires vigoureux, lesquels ne sont pas observés lors de l’insertion d’une aiguille dans le cordon ombilical… Nous avons observé une hausse des concentrations de cortisol et de beta-endorphines [hormones de réaction à la douleur] chez les fœtus à la suite de l’activation directe de l’axe hypothalamique-pituitaire-adrénal… » 70 .

Le Royal College of Obstetricians and Gynecologists du Royaume-Uni a chargé un groupe de travail d’étudier la douleur chez l’enfant à naître. Le rapport du groupe de travail, publié en octobre 1997, indique qu’il existe une « possibilité bien réelle que la capacité de sensation de douleur chez l’enfant à naître soit plus prononcée que chez l’adulte en raison du développement plus tardif du système d’inhibition de la douleur (sécrétion des hormones antidouleur sérotonine, norepinephrine et dopamine) que de celui de la perception de la douleur » 71 .

En 1999, le ministère de la Santé du Royaume-Uni a demandé au Conseil de recherche médicale de cette juridiction de se pencher sur tout progrès réalisé en matière de recherche sur la douleur fœtale. Le groupe de 11 membres, présidé par la Dr Eve Johnstone de l’université de Edinburgh, a publié sa conclusion selon laquelle « il n’existe pas de moment où l’on puisse affirmer en toute certitude que l’enfant à naître ressens ou ne ressens pas la douleur. Il n’est pas non plus reconnu généralement laquelle des parties du cerveau doit avoir atteint la maturité avant qu’un fœtus ne puisse ressentir la douleur… L’enfant à naître réagit effectivement par des mouvements vigoureux lorsque soumis à des stimuli douloureux… La preuve recueillie jusqu’à ce jour selon laquelle la douleur chez l’enfant-à-naître mène à des séquelles importantes pour le bien-être ultérieur de cette personne mérite qu’on y consentisse des efforts importants de recherche additionnelle » 72 .

Pour l’interruption volontaire de grossesse, la loi canadienne sur le consentement éclairé, soit l’ensemble des décisions rendues dans le cas de litiges débattus devant les tribunaux à cet égard, prévoit que le mécanisme de mise à mort de l’enfant doit être expliqué à la mère 73 . Le plus souvent, la mort de l’enfant surviendra à l’issue de 10 à 20 minutes de démembrement (« curettage ») 74 . Si la mort est infligée par calcination (brûlure au 4e degré, par avortement dit « médical » ou « chimique »), celle-ci pourra durer jusqu’à deux semaines, pendant lesquelles la femme sentira l’enfant se débattre jusqu’à ce qu’il soit expulsé, tout calciné, au moyen de crampes massives de l’utérus 75 . La mort pourra aussi être infligée par attaque de cœur (injection au cœur de chlorure de potassium), si l’enfant est toujours vivant hors du corps de la mère 76 , ou par écrasement du crâne, avant que la tête ne soit sortie du corps de la mère (« avortement quasi naissance ») 77 .

Au Canada, le Code criminel prévoit qu’on peut enlever la vie à un enfant à n’importe quel stade de la grossesse jusqu’à la naissance, et ce pour n’importe quelle raison 78 . Le Canada est un des seuls pays au monde à ne pas avoir de loi sur l’avortement. L’avortement y est donc « décriminalisé » mais non « légalisé ». En 1988, la Cour suprême du Canada a déclaré la loi sur l’avortement de 1968 non constitutionnelle parce que les comités thérapeutiques qu’elle exigeait posaient trop de retard et donc trop de menace à la sécurité de la femme (plus l’avortement est pratiqué tard dans la grossesse, plus celui-ci entraîne des complications graves). La Cour suprême a demandé au parlement de refaire la loi, ce qui n’a jamais été fait. Une loi limitant l’avortement aux cas où la vie de la mère serait véritablement menacée aurait pu empêcher qu’une centaine de milliers de femmes et d’enfants subissent l’avortement au Canada chaque année, ce souvent contre leur gré, à la suite de pressions de leur milieu. Grand nombre de cancers du sein et de cas de stérilité auraient ainsi pu être évités, entre autres. Aujourd’hui, une loi politique soutenant le consentement éclairé viendrait limiter les dégâts, à tout le moins.

Puisque l’interruption volontaire de grossesse constitue une industrie à but lucratif où certaines cliniques privées au Canada récoltent plus de 11 millions $ par année en revenus bruts 79 , est-il raisonnable de s’attendre que ces commerces honoreront les exigences du consentement éclairé en informant honnêtement leur clients prospectifs des risques établis pour leur santé ? Ne devrait-il pas y avoir un corps autonome sans but lucratif d’institué par le gouvernement pour soutenir le consentement éclairé à l’intervention sur la personne en cas de grossesse difficile, organisme qu’il serait obligatoire de consulter avant l’avortement afin de connaître chacune des options possibles ainsi que les risques et avantages possibles de chacune d’entre elles ?




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